• L'art serait anarchiste qui voudrait sans cesse se libérer des cadres qu'il vient justement de se définir ! L'art de montrer de mille façons, avec autant d'outils pour toutes les oreilles, tous les yeux, la main qui caresse et le coeur bondissant tandis que la tête essaie de comprendre pour mettre un peu de distance. L'Homme a sans doute plus besoin d'art que de pain pour espérer un peu plus loin, un peu plus haut, un peu plus au coeur de l'intime et de l'universel, dans ces replis de l'âme ou du psychisme, à fleur de raison et de passions. Monet occupé plus de 40 ans à revisiter son jardin, comme Michelange enfermé dans la chappelle de Sixtine pour défoncer le plafond et ramener Dieu tout près de l'Homme soudain réalisé. Chaque pas pour une Révolution, comme les cordes de Beethoven dans le mouvement 3 de la symphonie Pastorale qui célébre les danses populaires et la légèreté de la vie bucolique. Mais attention rien n'est acquis et les 2 autres mouvements interogent beaucoup plus loin nos consciences. Combien de fois Chopin n'a-t-il pas fait craquer les tonalités de son piano jusqu'à la dissonance ? Et quand les artistes modernes et contemporains débordent les cadres et rejettent les codes chromatiques, ne rejoignent-ils pas les élans de ce qu'on qualifie d'Arts Premiers ? Tandis qu'ils repoussent sans cesse toutes les frontières et rejettent sans cesse les lois des Ecoles et des styles, les cotes de leurs oeuvres ne cessent de rattraper la fragile liberté des artistes !

    Mais l'art frappe toujours par cet infini effort, cette inépuisable élan du désir et du geste de l'artiste. Quand tous les discours semblent vains et que l'Histoire semble avoir tout prévu, heureusement que partout et toujours des yeux s'ouvrent, des sons s'élancent encore. Mais comment éviter d'être Naïf quand on n'a pas la culture lentement sédimentée ?  Arts et culture comme unique combat !


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  • Arts de pierre, tracés au charbon sur du bois, feuilles collées et battements d'ailes. Chants d'oiseaux en échos dans des mélopées intemporelles, clichés retouchés, ou touches multicolores. Ombres glissant sur une place encombrée de toursites et corps balancés en plein ciel.  Jeu de lumières déclinées sur des sons et images tremblantes dans un film à l'envers. "Ceci est de l'art" dit Ben en désignant un abri bus. "Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage" ou "l'art n'égalera jamais la nature". Sans doute, et bien d'autres choses encore pour nous donner à voir entendre, caresser, et lire ou réciter. Chopin cent fois revisité, comme ces châteaux hantés de légendes toujours renouvelées. Cristo nous emballe et nous devenons à notre tour objets d'arts vivants.   


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  •  Rire grossier, glissades sur les parquets trop cirés, et cette résistance  face aux maîtres et défenseurs d'un ordre révolu. Wolfgang le prodigieux comme une fusée éclaira le ciel européen du XVIII°. Autant de talent, de travail et de maîtrise que de perpétuelle insatisfaction pour une vie trop vite consummée.

    Quand le père de Wolfgang l'entrainait dans toutes les cours d'Europe pour des représentations, celui de Salieri s'endormait au spectacle. Quand certains parents racontent, lisent, récitent, mille histoirespour berser leurs enfants d'autres regardent la télévision. Hier comme aujourd'hui nos enfants et nos jeunes n'ont pas les mêmes destins et les mêmes perspectives, et tous les efforts des institutions ne combleront pas l'écart initial. Mais tous les enfants et tous les jeunes portent au moins un moment les rêves de leurs parents, si portés au renoncement.

    Des Noces de Figaro au Requiem, Mozart n'aura vécu qu'un instant, mais pour nous il résonnera éternellement.


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  • Qu'est-ce qui caractérise un pays civilisé ? Sans doute d'abord la capacité qu'ont le gens à dialoguer. Ce sont les différences, les variétés et les infiies déclinaisons culturelles qui font le richesse et la vie de ce pays de cocagne. S'exprimer, avec des mots, des gestes, des référencs et des codes à partager ? Pas toujours, car nous sommes si nombreux ! L'autre qui fait si peur à nos classes d'âges vieillissantes, n'est-il pas un horizon, une échappée, une chance de plus où apprendre pour sans cesse tout remettre en perspective ? Mais nos sociétés qui sont incapables de savoir ce qui est important et positif pour leurs enfants désignent sans fin de pseudo étrangers ! A voir les lycéens soudain dans les rues on peut imaginer que l'urgence est bien ailleurs. Au moment où nos jeunes ne savent plus ni lire, ni écrire avec plaisir, tandis que des dirigeants sourds et aveugles avancent dans un brouillard vide de valeur, la violence semble devenir le moyen d'expression de lycéens comme pressés d'en découdre. Est-il encore temps de préciser que l'on sacrifie l'enseignement de l'Histoire, de la philosophie, des arts et de tout ce qui implique une vraie lente quête culturelle ? Ce n'est pas un choix seulement français, mais bien une tendance forte dans toute l'Europe qui par ailleurs interdit, verrouille et ne cherche que des recettes démagogiques pour des idées si courtes qu'elles ne font plus le tour de nos têtes.

    Il faudra dire aux dirigeants que tous nos enfants cherchent leurs mots, et pas seulement les fils d'immigrés. Il faudra leur dire que tous nos enfants étranglés de peurs dérivent de mille façons. La jeunesse n'est pas une "maladie" mais le sang neuf. Notre avenir ne doit pas être "maudit".


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  • En 1953, Dubillard joue quotidiennement dans des sketches radiophoniques qu'il écrit à la demande de Jean Tardieu : Grégoire et Amédée. Par la suite, il adapte pour la scène ces dialogues absurdessous le titre Les Diablogues en 1975. Devant le succès de ces petites pièces à l'humour déroutant et loufoques, il écrit en 1987,  Les nouveaux diablogues.

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    Lieu THEATRE DE LA CITE, NICE
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    Date Vendredi 08 Octobre 2010
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